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Revue de la CEP N° 118

De la source au robinet, du siphon à la rivière

La Journée des écoles s’est déroulée à Saint-Imier le 18 mars en présence de 180 apprentis et étudiants de la région. Le thème de cette deuxième édition était l’eau et les nombreuses problématiques liées à son approvisionnement, à sa répartition et à son utilisation. Trois spécialistes et des ateliers de discussion ont permis aux participants de mieux appréhender ce sujet complexe.

John Buchs, président de la CEP, s’est chargé des souhaits de bienvenue aux apprentis, étudiants et enseignants des classes participantes. Ces dernières provenaient des écoles du Jura bernois et de Bienne: Ecole supérieure de commerce et CPAI-JB à Saint-Imier, Centre professionnel commercial à Tramelan, Ecole de maturité spécialisée à Moutier ainsi que les Gymnases français et de la Rue des
Alpes à Bienne. Treize accompagnants, plusieurs journalistes et invités ont également participé à cette journée d’échanges. John Buchs n’a pas manqué de remercier les sponsors de leur indispensable soutien: la BCBE, la Commune de Saint-Imier ainsi que la Direction de l’instruction publique.

LES EAUX SOUTERRAINES…

Avant d’entamer le cycle de conférences, le chef de projet Pierre-Alain Bassin a passé en revue le programme de la journée, comprenant trois interventions de spécialistes, un repas pris en commun au restaurant du CPAI-JB, des ateliers de discussion en début d’après-midi puis, pour conclure, la restitution des échanges et une synthèse.
Le premier orateur à s’exprimer fut Urs Eichenberger, de
l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie à La Chauxde-Fonds. Le spécialiste a abordé le thème des eaux souterraines dans l’Arc jurassien. Il a débuté par quelques fondamentaux, tel que le cycle de l’eau, puis a enchaîné par des explications plus détaillées sur les différentes sources d’eau. Les participants retiendront que 97% de l’eau dans le monde est salée et que la Suisse, château d’eau de l’Europe, est un pays privilégié, avec ses nombreux lacs, rivières et sources disponibles. Par ailleurs, un Suisse moyen consomme 200 litres d’eau par jour!

…LE TRANSPORT…

ChristopheWeber, du bureau d’ingénieurs ATB àMoutier, a fourni quelques chiffres supplémentaires permettant de mieux situer la consommation moyenne en Suisse: un être humain a besoin de deux litres d’eau par jour pour survivre, vingt litres pour son hygiène personnelle!
L’ingénieur a ensuite abordé le transport de l’eau, de la source au robinet. Cette distribution d’eau est gérée différemment
selon les pays, par exemple au travers de syndicats de communes en Suisse ou par des acteurs économiques privés dans une partie de la France. L’intervention de Christophe Weber a également été l’occasion d’un cours d’histoire sur les étapes de la construction du réseau suisse. Plus de cent ans après la pose de la première conduite, le réseau d’eau helvétique permettrait aujourd’hui de faire aisément le tour de la planète!
La législation a évolué en parallèle. La première Loi fédérale sur la protection des eaux date de 1957. Elle a été maintes fois remaniée et consacre désormais le principe d’autofinancement de l’eau potable. Pour terminer, l’orateur a abordé les questions en suspens qui ont une influence sur la qualité de l’eau de nos réserves: incidences du réchauffement climatique, présence de produits néfastes (antibiotiques…), etc.

…ET LE RETRAITEMENT

Le dernier orateur de la matinée, Kurt Zingg, a poursuivi par les étapes suivantes du cycle de l’eau, du siphon à la rivière, autrement dit l’assainissement des eaux usées. Quelques étapes historiques ont à nouveau permis de mieux appréhender le sujet. La Suisse utilise aujourd’hui 760 grandes stations d’épuration et 3380 plus petites, ce qui permet à 97% de la population d’être raccordée au réseau. Toutefois, la mise en place d’un système séparatif entre eaux claires et eaux usées ne sera pas achevé avant une vingtaine d’années.
Les différents aspects du retraitement des eaux usées sont réglés dans le Plan général d’évacuation des eaux, un règlement obligatoire pour chaque commune ou syndicat de communes. Ce PGEE planifie notamment l’évacuation des eaux, mais également l’entretien du réseau et ses projets d’extensions. Pour terminer, l’ancien responsable de la station d’épuration de Tramelan a expliqué le fonctionnement d’une station d’épuration, avec ses bassins de décantation et l’utilisation de produits chimiques ou biologiques.

UNE PROBLÉMATIQUE LOCALE

L’après-midi était consacré aux ateliers de discussion. Trois thèmes – la sensibilisation, la responsabilisation et l’ordre de priorité des actions à entreprendre – ont été traités au sein des groupes dirigés par les enseignants: la Journée mondiale de l’eau et les actions de sensibilisation de la population à mener, l’élaboration d’une politique tarifaire incitant à une consommation d’eau plus responsable et le classement de projets communaux par ordre d’importance dans la perspective d’un développement durable.
Au terme de la journée, chaque groupe a délégué un ou deux de ses membres pour restituer son travail devant l’assemblée. Dans une ambiance décontractée mais avec sérieux, les délégués ont dévoilé leurs idées et solutions pragmatiques, réalistes ou au contraire originales, voire utopiques. 
David Bangerter était chargé de la synthèse. Le secrétaire général de la CEP a résumé les informations principales et les chiffres importants entendus durant la matinée. A l’instar du développement durable traité l’an dernier, les problèmes d’approvisionnement en eau diffèrent selon les pays. Au niveau mondial, l’ONU considère que l’accès à l’eau potable est un droit fondamental, un droit entériné dans la Constitution suisse. Son libre accès est garanti et son utilisation doit être durable. De plus, des investissements conséquents ont été réalisés depuis un siècle. A l’avenir par contre, notre pays pourrait être confronté aux mêmes problèmes que le monde: disparition des réserves naturelles (eaux souterraines, glaciers), difficultés d’acheminement et nouvelles pollutions (micropolluants).
Pas de quoi inquiéter les optimistes participants: les solutions existent et sont nombreuses. Seule la volonté manque encore. L’objectif de cette deuxième Journée des écoles est donc atteint: sensibiliser la jeune génération à une problématique complexe et leur permettre de débattre en toute franchise des solutions à envisager.
Rendez-vous en 2011 pour une nouvelle édition de cette enrichissante manifestation!

CEP | db