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Baromètre industriel du Jura bernois

 

Anticipation des dynamiques industrielles et clé de lecture

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Point d’orgue industriel et démythification du télétravail

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) décrit le schéma attendu dans le secteur secondaire pour la mi-année 2021 et révèle le point d’orgue apposé sur les activités des entreprises régionales pour les prochains mois encore. Cet outil de lecture basé sur des anticipations démontre qu’un plancher a été atteint à partir duquel un fonctionnement restreint s’est progressivement mis en place depuis l’été 2020. Cumulé à une utilisation considérable du chômage partiel, il a permis une stabilisation temporaire du système de production régional majoritairement composé de PME complémentaires et interdépendantes. « Indubitablement liée à la propagation mondiale de la pandémie de COVID-19, la suspension des dynamiques industrielles - dont l’échéance demeure hypothétique - rappelle le rôle primordial de la demande internationale dans la destinée de l’industrie suisse et réitère, en dépit d’une focalisation politique sur les problèmes nationaux, le caractère global des enjeux » résume Patrick Linder, directeur de la CEP.

Mesure phare de la première phase de confinement toujours en vigueur, le télétravail voit sa portée pour le domaine industriel analysée après une expérience d’une année. Sa pratique, ses apports et ses limites sont synthétisés dans le cadre du baromètre industriel de la CEP pour une pondération de sa pertinence dans l’industrie.

Anticipations pour le deuxième trimestre 2021

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) met à jour de grandes tendances du secteur secondaire, domaine d’activité principal de la région occupant près d’un emploi sur deux. Agrégeant les anticipations des entreprises, cet outil prospectif de compréhension permet une analyse sectorielle s’appuyant sur les entrées de commandes, les résultats opérationnels, la capacité d’investissement et la projection du développement de l’entreprise dans l’année. Il met en lumière les tenants et aboutissant de l’industrie comprise comme un système interdépendant.

Le volume d’affaires attendu pour les prochains mois est stable et correspond à celui qui était anticipé durant tout le deuxième semestre 2020 et le début de l’année 2021. Après l’étiage connu notamment par l’industrie de la précision à l’été 2020, les entrées de commandes se sont fixées à un niveau chroniquement bas qui semble se maintenir avec la prolongation de l’épidémie et les restrictions qui entravent le monde dans sa globalité. Une amélioration est cependant attendue par certaines petites entreprises actives dans des niches ou proposant des compétences spécifiques. Les entrées de commandes prévues devraient ainsi permettre aux entreprises de prolonger un fonctionnement à bas régime. Soutenue par un recours au chômage partiel dont le délai d’utilisation est arrêté, cette situation n’est ainsi pas durable. Elle engendre, de surcroit, des dommages dont les symptômes seront perceptibles dans les prochaines années, particulièrement pour ce qui concerne l’innovation, l’amélioration de la productivité et le champ de la digitalisation des activités. La relance de dynamiques industrielles vertueuses est directement inféodée à une reprise franche de l’économie mondiale et à des projections en matière de consommation, particulièrement dans le domaine du luxe (horlogerie) ou pour les biens manufacturés nécessitant des moyens de production.

 En termes de résultats opérationnels, les performances des entreprises se situent dans le même registre que celles des derniers mois alors que la profitabilité des activités industrielles s’avère modique pour des raisons préexistant à la pandémie de COVID-19 (force du franc, coût du travail, pression de la concurrence internationale sur les prix). Petites et plus grandes entreprises planifient ainsi des résultats financiers stables dans l’ensemble par rapport à la dernière année qui, sans surprise, s’est avérée laborieuse du point de vue performances. L’amélioration des résultats opérationnels s’impose donc dans le moyen terme comme une étape contraignante dans la pérennisation du système de production régional et national.

 Déterminant directement le potentiel, d’innovation, l’investissement confirme la prolongation d’une situation dont les bases fragiles ont été posées en milieu d’année 2020. Les capacités sont estimées faibles et ne montrent aucun signe d’amélioration d’ensemble pour les prochains mois en raison d’un lien direct avec les dynamiques économiques. Comme dans toutes les phases conjoncturellement - ou sectoriellement - délicates, l’innovation, sa mise en œuvre ou sa préparation sont lourdement entravées par l’érosion immédiate et durable des capacités d’investissement dans une période de crise. « Cette extrême sensibilité du financement de l’innovation à la conjoncture est propre au modèle de la PME industrielle suisse ; elle constitue un désavantage structurel qu’aucune mesure politique ne cherche à compenser en dépit de la récurrence de ses manifestations » déplore Patrick Linder, directeur de la CEP.

 Un aplomb est montré par l’ensemble des entreprises interrogées en termes de projection de moyen terme. Il laisse avancer qu’à ce stade, le niveau de déploiement des entreprises est, compte tenu des outils de soutien utilisés et du volume d’activités, adapté à la situation. La prolongation de la congestion sanitaire mondiale ou d’autres éléments externes influençant négativement le volume d’activité imposeraient une révision de cette vision traduisant une stabilité provisoire trouvée durant la séquence COVID-19.

Impact limité du télétravail et modèle hybride

 Les entreprises ont été interrogées sur leur pratique du télétravail et invitées à partager un regard critique à son sujet tirant parti d’une expérience désormais considérable. Le travail à domicile s’est imposé comme une mesure immédiate du premier semi-confinement décrétée en mars 2020. Gagnant une pleine notoriété, son potentiel, jusqu’alors peu exploité dans l’économie nationale, s’est vu légitimé par la prophylaxie de circonstance. Permettant la poursuite d’activités administratives uniquement, il a pourtant été initialement perçu par les commentateurs comme une réponse idéale, agile et contemporaine aux défis imposés par l’épidémie. Son application selon les domaines et dans la durée montre toutefois de sérieuses limites pour les entreprises suisses.

Il faut rappeler en préambule que le « home office » est compatible avec certaines professions et qu’il montre moins d’affinités avec d’autres quand il n’est simplement pas applicable. Dans une économie de production à haute valeur ajoutée technologique, comme c’est le cas pour l’industrie du Jura bernois, des fonctions peuvent être temporairement exercées à distance et d’autres ne le peuvent. La production, le montage, le contrôle, l’entretien ne peuvent s’opérer à domicile et requièrent présence physique, actions directes et interactions humaines. L’industrie suisse a donc une affinité très partielle avec le télétravail, indépendamment de la complexité des tâches et des savoirs mobilisés. De plus, la production de haut niveau et les projets complexes impliquent des interactions de personnes et de compétences de types administratives in situ. Les entreprises interrogées laissent postuler schématiquement qu’environ un à deux postes sur dix peuvent être concernés par du travail à distance. Cette proportion varie toutefois fortement selon les entreprises, leur taille et leur activité.

Dans ce contexte précis, les exhortations à pratiquer le télétravail ne peuvent donc qu’engendrer un impact modeste en dépit d’une volonté indéniable d’appliquer les recommandations. La focalisation sur le télétravail au détriment d’autres stratégies envisageables pour l’économie (mesures de protection élevées, tests réguliers à large échelle dans le personnel, tests salivaires rapides, solutions mixtes, passeport COVID) suscite une incompréhension qui s’accentue avec le temps en raison de l’inadéquation constatée avec les spécificités des PME industrielles.

Modèle hybride privilégié de manière durable

Les entreprises du secteur secondaire constatent les mêmes désavantages que les autres domaines d’activité recourant plus intensément au télétravail. La perte de contact social et de dynamiques d’équipes, le sentiment d’isolement, les baisses de moral des collaborateurs, l’impact affectif ou encore l’augmentation de tâches de coordination comptent parmi les premiers désagréments constatés. La perte de communication informelle, la difficulté d’adhésion aux projets, les questions de sens, de motivation dans le long terme et de développement personnel sont aussi relevées. Du côté des préférences exprimées par les employés, une nette tendance à privilégier le travail in situ, dans l’entreprise, se dégage. Si des avantages avérés contrebalancent l’ensemble, le statut de réponse appropriée aux enjeux de la pandémie donné au télétravail doit donc incontestablement être révisé en tout cas pour ce qui concerne le secteur secondaire.

Une pratique mixte, modulable et évolutive est en revanche mise en place par beaucoup d’entreprises. Conjuguant jours de présence sur place et jours en « home office », elle vise à compenser les déficiences liées à l’éloignement et à l’isolement tout en permettant de tirer parti des avantages. Permettant de limiter les interactions, elle cherche à les maintenir dans un contexte adapté. Cette approche flexible permet une adaptation à chaque poste et à chaque tâche. Elle est jugée positivement, semble durable et pourrait continuer à être mise en œuvre hors du contexte de préoccupation sanitaire.

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