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Baromètre industriel du Jura bernois

 

Anticipation des dynamiques industrielles et clé de lecture

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Destinée des PME industrielles soulagée par les RHT

Le caractère décisif des prochains mois pour le secteur secondaire suisse est mis en lumière par le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP). Les anticipations des entreprises pour le début de l’année 2021 montrent une fixation de tous les indicateurs à un niveau inhabituellement bas en dépit d’exceptions ponctuelles. Dans ce contexte, l’outil de soutien conjoncturel de la réduction de l’horaire de travail (RHT) joue pleinement son rôle et permet à de nombreuses entreprises d’aborder 2021 avec quelques variables momentanément stabilisées, mais pose simultanément la question de sa durée. Pour l’industrie du Jura bernois, région parmi les plus denses de Suisse en termes d’emplois dans le secteur secondaire, la demande mondiale confirme son statut d’enjeu majeur en raison de son influence directe sur les dynamiques de production auxquelles participent les entreprises régionales. La situation sanitaire globale et les perturbations engendrées aujourd’hui promettent le déploiement d’effets dans le long terme et imposent un nouveau défi au maintien de capacités industrielles en Suisse.

Indicatif des grandes tendances du secteur secondaire, le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) analyse les projections et anticipations des entreprises régionales. Interdépendantes et complémentaires, elles participent à un système de production ayant pour dénominateur commun les microtechniques et certains domaines d’application comme l’horlogerie, l’automobile, le médical, la mécatronique ou la microélectronique. Les orientations établies par cet outil de compréhension des tenants et aboutissants de l’industrie permettent une projection temporelle d’un trimestre pour l’ensemble du secteur.

Le volume d’affaires attendu reste similaire à celui des derniers mois, mais se situe à un niveau particulièrement bas dans lequel se dénote l’impact de la première vague de COVID-19 ayant frappé le monde et son économie depuis le mois de février. Le caractère différé des effets de la pandémie sur l’industrie, et spécialement les moyens de production, doit être souligné et promet ainsi un prolongement dans la prochaine période indépendamment de la levée des incertitudes sanitaire. De plus, la congestion des relations et l’impossibilité de voyager à l’étranger brident les relations entre clients, fournisseurs ou prestataires et compliquent le remplissage des carnets de commandes, là où une activité se maintient. Des entrées de commandes en hausse sont toutefois attendues dans certaines petites entreprises spécialisées ou proposant des compétences spécifiques. La dépendance des activités locales à l’économie globale reste pour longtemps le point focal des préoccupations. Une reprise économique mondiale est actuellement le paramètre déterminant pour l’industrie de la précision, mais celle-ci reste conditionnée par la propagation du COVID-19 et par les mesures destinée à la freiner. Seule une levée des incertitudes sanitaire semble donc apte à ce stade à résorber les défis de l’industrie régionale.

Un volume d’affaires atrophié depuis une année et l’absence de reprise expliquent un recours important à la réduction de l’horaire de travail (RHT). Directement interrogées sur ce point particulier, les entreprises estiment pouvoir aborder l’année 2021 de manière plus sereine avec ce soutien, la plupart disposant encore de périodes de RHT en suffisance. Cet apport permettant préservation des places de travail et de gestion des ressources en fonction des entrées de commandes est actuellement garanti jusqu’en septembre 2021. « Une reprise nette du secteur secondaire dans ce délai reste cependant hypothétique en raison du développement actuel de la pandémie, mais surtout de ses incidences différées. Cette perspective doit ainsi inviter à réfléchir d’ores et déjà à la durée du soutien dans ces circonstances exceptionnelles, le maintien des capacités industrielles s’imposant comme une priorité stratégique pour la Suisse à nos yeux », commente Patrick Linder, directeur de la CEP.

En termes de résultats opérationnels, la situation paraît stabilisée, mais fragile et temporaire, compte tenu du rôle joué par les différents outils de soutien à disposition des entreprises. Si les performances financières évitent une nouvelle péjoration, les résultats actuels ne sauraient être suffisants pour garantir la pérennité des entreprises. Les marges modestes, problématique récurrente lié à la force du franc et au coût du travail, restent un paramètre critique dans l’équation que les entreprises résolvent en continu par l’amélioration de l’efficience.

Au plan de l’investissement, la capacité générale parvient à se maintenir à un niveau modeste qui pose depuis quelques années déjà une question fondamentale de financement de l’innovation dans les PME et, avec elle, celle du du maintien de la compétitivité de la place industrielle. A ce titre, il faut avant tout constater que la pandémie de COVID-19 ne modifie pas une configuration récurrente depuis de longues années, mais l’accentue nettement. « Cumulé à l’érosion des liquidités, le recours au chômage partiel a un impact insidieux sur l’aptitude des PME à rester agiles, à développer des projets d’avenir et, en définitive, à innover, insiste Patrick Linder. Les RHT gèlent actuellement la R&D dans certaines entreprises alors que des options simples et sans coût sont envisageables pour résorber ce défi majeur pour la compétitivité des entreprises suisse dans le moyen terme ».

Enfin, le niveau de développement des entreprises devrait, selon l’agrégation des anticipations des acteurs sondés, également connaître une stabilisation pour les prochains mois, à condition que la situation ne connaisse pas de nouvelles évolutions, d’autres vagues d’infections ou une congestion globale durable. La tonalité de cette vision des entreprises est positive compte tenu du contexte, de l’absence de visibilité et des performances actuelles, mais témoigne aussi de l’exécution de réglages.

Si la préparation, les réflexes et le recours aux instruments adaptés sont indéniablement affûtés par rapport au printemps, le déploiement d’une deuxième vague en Suisse, mais surtout dans le monde, plonge le secteur industriel dans une incertitude impossible à lever actuellement. Les différents soutiens, aux premiers rangs desquels figure la RHT permettent temporairement aux PME industrielles de supporter la pression induite, mais le calendrier de reprise devient désormais une donnée cruciale.

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