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Baromètre industriel du Jura bernois

 

Anticipation des dynamiques industrielles et clé de lecture

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Crise, opacité et conditions de résilience pour l’industrie

Le secteur secondaire anticipe des scenarii pessimistes pour les prochains mois selon le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP). Réduction généralisée du volume d’affaires, péjoration des résultats financiers, chute des investissements et atrophie de nombreuses entreprises sont les traits saillants d’une configuration délétère pour les activités industrielles. Dans une région parmi les plus denses de Suisse au niveau industriel, ces anticipations ont une résonance considérable, d’autant plus que les entreprises sont liées les unes aux autres dans le cadre d’un système de production focalisé sur la microtechnique. L’affaissement général de la consommation globale impacte toute l’économie mondiale, dont deux des domaines d’application principaux des compétences régionales: l’horlogerie et l’automobile.

La perturbation des marchés et l’impossibilité d’établir des projections en raison des incertitudes sanitaires engendrent un sentiment d’opacité pour les prochains mois. Dans ce contexte inédit, le maintien des capacités de production et des compétences industrielles s’impose comme priorité incontestable. Un allongement du chômage partiel à 18 mois est le minimum requis pour y tendre, mais des solutions flexibles selon les secteurs et les enjeux doivent être imaginées en regard de la gravité de la situation. Subsister, maintenir les liquidités, poursuivre les activités de R&D et préserver l’investissement s’annoncent comme les préoccupations récurrentes des prochains mois.

Effondrement de tous les indicateurs

Le baromètre industriel de la Chambre d’économie publique du Jura bernois (CEP) établit des anticipations en plongeant au cœur des entreprises du secteur secondaire d’une région historiquement dense du point de vue industriel. Indicatif de grandes tendances, il met à jour des vues d’ensemble en auscultant des paramètres comme le volume d’affaires, les résultats financiers, les capacités d’investissement et le développement à moyen terme de l’entreprise.

L’ensemble des indicateurs observés montre des signaux fortement négatifs. Les prévisions en matière d’entrées de commandes font état de baisses substantielles pour l’ensemble des acteurs indépendamment de leur taille ou de leur positionnement. La réduction escomptée est générale et commune à l’ensemble des entreprises. Les résultats opérationnels connaissent une même tendance et une diminution des performances financières est attendue partout. Les capacités d’investissement ne parviennent pas à se maintenir en dépit de la résolution de nombreux acteurs à poursuivre les efforts. L’opacité des prochains mois s’ajoute aux difficultés financières actuelles et influe largement sur les stratégies d’investissement. Ce paramètre est crucial car il détermine d’une part le potentiel d’innovation et la compétitivité, d’autre part, il contribue largement à l’irrigation du système de production interdépendant de l’industrie régionale. Son fléchissement est un signal négatif susceptible d’aggraver durablement la situation. Enfin, la perception du développement des entreprises à moyen terme paie un lourd tribut à la situation actuelle puisque l’essentiel des acteurs s’attend à une réduction. Cet affaissement du niveau de déploiement de l’industrie se répercutera sur l’emploi dès à présent et pour les prochains mois.

Des conditions préexistantes à la pandémie de COVID-19 expliquent cette configuration délétère. Si le secteur automobile montre une atonie sévère depuis la moitié de l’année 2019, l’horlogerie donne pour sa part des indices depuis l’automne de l’année passée. La congestion mondiale de l’économie et, au niveau local, l’arrêt des activités accentuent ainsi une situation déjà sensible.

Des défis inopinés pour l’industrie

La propagation de la pandémie a imposé de nouveaux défis aux entreprises industrielles qui engendrent une reconfiguration immédiate de l’équation des enjeux. Directement interrogées dans la phase de déconfinement et de reprise partielle des activités, les entreprises industrielles font état de nouvelles priorités imposées brutalement par la dégradation de la conjoncture consécutive à la pandémie.

La gestion des impératifs prophylactiques, l’application de mesures de protection des employés et le respect des précautions sanitaires adaptées sont intériorisés par les entreprises mais demandent une attention constante qui devra se déployer dans la durée.

Incontestablement, la préservation des liquidités dans le moyen terme s’impose comme la première nécessité pour l’ensemble des entreprises. Les liquidités sont mises sous pression par le blocage récent de l’économie, sont menacées durablement  par l’installation d’une crise, et sont depuis trois mois rognées par des charges fixes incompressibles. Leur érosion met directement en danger les entreprises et la période de vacances s’annonçant accentuera lourdement ces effets. L’allongement du chômage partiel à 18 mois est ainsi une action minimaliste pour aider une majorité d’entreprises à passer l’écueil, mais il est évident qu’il n’y suffira pas. Des réglages fins doivent être évalués pour éviter des lésions irréversibles dans le long terme. Par exemple, le maintien des activités de développement de projets et de R&D est capital pour sauvegarder la capacité d’innovation de l’économie suisse, mais les conditions actuelles le rendent non finançable pour de nombreux cas. Une solution pragmatique pourrait être trouvée via l’utilisation des RHT en autorisant les équipes de développement à travailler tout en touchant les indemnités.

La préservation de l’emploi et la protection des capacités de production s’ajoutent comme nécessités incontournables des prochains mois, mais demeurent inféodées à la reprise de l’économie globale dans son ensemble, notamment sur le plan de la consommation privée. Un faisceau d’indices liés à la nature des défis identifiés par les entreprises souligne de fait  le rôle prépondérant joué par l’effondrement de la demande mondiale. Cet aspect impacte l’essentiel des activités globales de production et ne sont pas propres à l’industrie régionale ou à la Suisse. Moins que les entraves domestiques, le confinement ou les difficultés à maintenir des activités pour des raisons sanitaires, c’est plutôt la congestion de l’économie mondiale qui prolonge ses conséquences en amont dans les chaînes de valeur, comme celles  de l’industrie de la précision. La faiblesse de la consommation privée mondiale a par exemple une influence directe sur l’horlogerie ou l’automobile qui impactent tout l’écosystème de production.

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